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Vacances ! Faites votre baluchon et prenez la route !

Une récente recherche m’a amenée à étudier la pratique du voyage solo pour les femmes. Une recherche passionnante qui m’a conduite à lire et à analyser des kilomètres de discussions entre femmes sur des forums et groupes Facebook. Alors que cette recherche était en cours de révision pour une publication académique, le livre de Lucie Azema « Les femmes aussi sont du voyage » sortait. Une belle résonance, nous sommes plusieurs à nous intéresser aux femmes et au voyage !

Pour cette recherche, je suis aussi remonté dans l’histoire pour essayer de comprendre comment la pratique du voyage s’est forgée comme une pratique masculine. Sans grande surprise, l’assignation des femmes au foyer n’était pas vraiment compatible avec une vie d’aventurière ! Partir est une aventure en soi mais quand il faut en même s’affranchir de diktats pour le faire et assumer d’être différente des autres et des attentes de la société, waouh ! Quelle niak il faut ! Et pourtant des femmes l’ont fait ! Alexandra David-Néel m’a beaucoup marqué mais il en existe bien d‘autres.

Pour revenir à aujourd’hui, ce qui m’a interpelé c’est l’audace de ces femmes qui osent se lancer seules à travers le monde ou à des échelles plus modestes, autour de chez elles pour quelques jours. Je me suis intéressée en particulier à celles qui partent à pied avec un sac à dos (backpacking). Pour moi, c’est une façon de se mettre à nu au monde, d’exposer sa vulnérabilité. Le foyer est rassurant, synonyme de sécurité, le dehors semble synonyme de dangers (et pourtant combien de femmes se font agressées chez elles, par leur mari ou compagnon ?).

Et que naît-il de cette audace ? De l’émancipation, de l’empowerment, de l’empouvoirement. Avant le voyage, elles collectent pleins d’informations et gagne de l’empowerment intellectuel. Elles deviennent riches de ces savoirs. Certaines s’arrêteront là et c’est bien aussi. Pour celles qui se lancent, c’est l’empowerment expérientiel : se dépasser, gérer des situations imprévues, faire face au risque, autant de moments qui nourrissent et font grandir.

La dernière étape qui m’interrogeait était l’après. Que reste-il quand on revient ? Beaucoup parlent d’abord d’une phase de réadaptation à la vie sédentaire qui n’est pas toujours évidente. Il faut aussi composer avec l’entourage qui ne comprendra jamais vraiment tout ce qu’elle a vécu. Et puis, il en ressort un troisième type d’empowerment, identitaire cette fois. Le voyage s’ancre en soi, tout ce qui a été appris sont des éléments nouveaux qu’elle porte en elle et qu’elles partagent avec de futures voyageuses, se transformant en conseillère ou en coach. La sororité à l’œuvre !

Alors si vous voulez vous lancer, tentez l’expérience ! Vous avez peur ? Faites un petit projet : pas trop loin, pas trop longtemps. Allez-y par étapes, prenez confiance ! Enfin, n’écoutez pas trop votre entourage, adressez à des personnes qui l’ont déjà fait et qui pourront donc vous parler de leurs vécus plutôt que de leurs croyances. Les groupes de discussion vous aideront par exemple à vous rassurer si vous hésitez, l’expérience des autres est riche !

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